C’est du moins la thèse développée par deux chercheuses de l’université de Wharton : Catherine M. Schrand et Sarah L.C. Zechman.
Leur étude porte sur les fraudes détectées par la SEC (Security Exchange Commission, veillant aux respects des règles qui régissent le marché financier aux Etats-Unis) ainsi que sur les sociétés qui ont rectifié leurs résultats.
Elles ont découvert que le chemin qui conduit à un comportement frauduleux est le suivant :
Un cadre estime que sa société se trouve dans une mauvaise période et qu’il
en va de l’intérêt de tout le monde : direction, employés, clients,
fournisseurs et actionnaires de masquer le problème afin qu’il ne soit pas
interprété comme un signe de ce que sera le futur.
Il considère souvent que c'est la seule et unique solution: alors le cadre s’engage dans un comportement limite. Si la situation se redresse, le comportement s’arrête et il y a toutes les chances qu’il ne sera jamais détecté.
Si la situation perdure, le cadre se trouvera devant un choix : arrêter les comportements limites et éventuellement corriger le résultat de la société ou alors il choisira de continuer dans la voie des comportements limites voire frauduleux, ce qui peut conduire à falsifier les résultats.
Les chercheuses n’ont pas trouvé de différences dans la gouvernance
d’entreprises des sociétés où la SEC a détecté des comportements frauduleux et
les autres. Les comportements frauduleux ont plus de probabilités de survenir
dans des industries complexes à forte croissance et dont les titres se
comportent de façon très volatiles. De telles industries attirent des managers
très confiants dans leurs compétences. La confiance en soi est une des
caractéristiques des cadres qui sont au top : ils sont arrivés là où ils
sont grâce à leurs réussites passées: Il faut une certaine confiance en soi
pour saisir sa chance quand elle passe.
Les chercheurs ont également examinés d’autres décisions : il semble que les dirigeants très sûrs d’eux versent des dividendes plus bas : ils estiment avoir une meilleure utilisation que le paiement de dividendes.
A notre avis, il manque à cet article la définition de la fraude : il ressort des exemples (Waste Management et Gateway computer) qu’il s’agit de comportements liés à la diffusion d’informations financières. Il est surprenant également que l’étude n’aborde pas les incitations : des dirigeants qui ont des incitations financières en fonction des résultats, risquent d’avoir de fortes motivations à masquer un problème qui leur paraît temporaire. Pour aller plus loin :
L’article de l’Université de Wharton
Des documents à télécharger sur le site de Pansard et Associés (inscription nécessaire): Contrôle interne et Fraude


